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Un PAUL, une histoire

La "Place de Strasbourg", le tout premier PAUL

06 Octobre 2021
La

18 septembre 2021. On ne pouvait trouver meilleure occasion que les Journées du Patrimoine pour partager l’histoire du premier PAUL.  En tant qu’entreprise familiale, notre Maison conserve en effet une vraie affection pour cette toute première boutique. Un lieu emblématique où Francis Holder a non seulement fait son apprentissage boulanger aux côtés de ses parents mais également… littéralement cassé les murs pour réinventer son métier !

 

Si l’aventure familiale remonte à 5 générations, les premières boulangeries respectivement situées à Croix et à Lille (rue des Sarrazins) ne se nommaient pas encore PAUL. Ce dont atteste Francis Holder : « Mes parents étaient boulangers. Et avant eux mes grands-parents et arrière-grands-parents maternels. Mais pour moi tout a commencé dans la boulangerie que mes parents avaient reprise, place de Strasbourg, à Lille : la boulangerie PAUL. PAUL est tout simplement le nom des anciens propriétaires. Mes parents n’ont pas changé l’enseigne car elle était déjà très réputée. C’était l’unique « boulangerie viennoise » de la région, la seule à proposer une si grande variété de pains spéciaux, pains de mie, pains complets… ».

 

Une boulangerie de quartier réputée. Mais pas encore le PAUL que nous connaissons aujourd’hui. Notamment en matière de décoration.  La boutique familiale se présente alors comme un véritable petit bijou Art Déco. Boiseries en acajou massif, portes arrondies, plafonds moulurés et frises en damier… Un décor raffiné que les amoureux d’architecture d’intérieure qualifieraient encore de merveille de décoration… à commencer par Francis Holder, aujourd’hui passionné de design et d’antiquités, qui pourtant réduira lui-même ce décor en gravats ! Nous y reviendrons.

Au décès prématuré de son père, en 1958, le jeune Francis reprend la boulangerie familiale aux côtés de sa mère. Et il est impossible de parler de ce lieu sans évoquer celle qui y régna littéralement pendant des décennies. Travailleuse infatigable et maîtresse femme, Suzanne est l’âme de la boutique. Ce dont témoignera plus tard l’un de ses petits-fils, l’écrivain Eric Holder**, dans un tendre récit. « Elle se tenait derrière la caisse comme on occupe une charge dignitaire. Il semblait qu’avoir l’œil aux vendeuses, rectifier, d’une remarque brève, l’ordonnance des vitrines, entourer les clientes fidèles de prévenances polies, constituât plus qu’un métier : un patriotisme, une obligation à laquelle on n’aurait su se dérober » (En compagnie des Femmes, Editions Le Dilettante). Au commerce, Suzanne donc. Côté fournil, Francis Holder passe brutalement d’apprenti à patron. Dans son fournil, il apprend son métier, se perfectionne, travaille seize heures par jour. Mais son esprit est ailleurs. Il rêve d’une autre manière d’exercer son métier… et d’un lieu bien différent.

En 1962, il profite des vacances de sa mère pour refaire entièrement le magasin. Les banquiers refusent de lui prêter l’argent nécessaire ? Francis Holder va chercher des mineurs dans le Pas-de-Calais et, avec eux, reconstruit en 15 jours le magasin qu’il voulait. « Ils se demandaient si je n’étais pas fou. Me demandaient sans cesse si je savais que les murs étaient en acajou massif. Si je me rendais compte de ce que l’on cassait »* sourit encore Francis Holder. « Début septembre, je suis allé chercher ma mère à la gare. Quand elle arrivée devant la nouvelle boutique, elle est restée dehors, plantée devant la vitrine sans dire un mot ». Il s’en amuse aujourd’hui mais reconnait y être allé un peu fort. « J’avais une idée et je voulais aller jusqu’au bout. Ce n’est que bien plus tard que je m’en suis voulu de ce massacre. Mais cela a été un acte fondateur ».  Dix ans plus tard, nouvelle intuition… Francis Holder veut remonter le fournil du sous-sol au rez-de-chaussée, et le placer au centre de la boutique, à la vue des clients. C’est en observant les pizzerias de Lille que l’idée lui est venue. De nouveaux murs tombent. Une idée qui sidère aussi bien sa mère que les clients habitués. Mais une révolution pour le métier à l’époque et la signature des PAUL aujourd’hui encore, même si le four à bois a depuis fait place à des fours électriques.

PAUL Place de Strasbourg, aujourd’hui.

70 ans après le rachat de cette boulangerie par Julien et Suzanne Holder, le point de vente existe toujours, avec des traces de chacune des évolutions de PAUL. Les clients peuvent encore deviner la vitrine arrondie des origines et voir les boulangers sortir le pain du four. Et si cette adresse ne ressemble pas tout à fait aux autres PAUL (c’est notamment l’un des rares PAUL à ne pas posséder l’iconique façade noire), vous saurez désormais pourquoi… Difficile de toucher à une madeleine familiale.

Quant à l’esprit Art Déco des origines… il n’a pas tout à fait disparu chez PAUL. Dès l’occasion d’ouvrir un magasin dans le quartier Art Déco de Miami s’est présentée, c’est ce décor des origines qui y a été reproduit quasiment à l’identique ! Et c’est encore ce magasin qui a inspiré le design de notre dernier concept PAUL LE CAFE. Mais cela, c’est une autre histoire…

 

PAUL « Lille »

6, place de Strasbourg

59000 LILLE

 

* Les propos de Francis Holder ont été recueillis par Sébastien Moreau dans le cadre de la collection « portraits d’entrepreneurs » aux éditions Transversales.

** l’écrivain Eric Holder (décédé en 2019) n’a aucun lien avec l’entreprise PAUL. Il est le fils du frère de Francis Holder et l’auteur de romans et nouvelles d’une grande sensibilité, dont un texte intitulé « Suzanne » dans le recueil de récits « En compagnie des femmes », paru aux éditions Le Dilettante.